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Archive pour la catégorie « contes et nouvelles »

Les traditions de la fête du Têt / 3

Fêtes du nouvel an chinois

Photo de Geneviève Lapoux sur L’internaute.com

Profitant de l’absence des Genies du Foyer, des divinités protectrices des villes et villages, des rivières et des fleuves, des rizières et montagnes…. Les démons, les mauvais esprits, les fantômes, pour un temps libérés de toute surveillance, se hâtent parmi les vivants, cherchant à nuire rapidement car ils savent que le peuple, habitué à l’intervention secourable des génies, ne sait pas se défendre contre eux mais aussi que les heures sont comptées. Diverses traditions visent à protéger les demeures, et l’on voit fleurir durant les festivités du Têt, beaucoup de drapeaux, fanions, banderolles rouges apposées sur les portes ou flottant au vent devant les maisons, les commerces, les champs.

  

Tradition de » la Légende du Mât en bambou du Têt »

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C’est pourquoi le dernier jour de l’année, un mât de bambou d’une dizaine de mètres de long et dégagé de toutes ses feuilles, sauf celle de l’extrémité, est planté devant la maison. Au sommet du mât est collée une amulette en papier rouge comportant une inscription de huit signes chinois. Elle est destinée aux génies bienfaisants, et permet d’éloigner les esprits malfaisants. Elle est accompagnée d’un petit panier contenant du béthel et des noix arec. Sous le panier, un petit carré en bambou tressé symbolise la barrière qui empêche les êtres nuisibles de descendre jusqu’à la maison.

Le sommet du mât est aussi orné de plumes de coq et de divers instruments en bambou, en bois ou en métal qui, sous l’action de la brise fait entendre des sons harmonieux.

Or ces sons, que les vivants considèrent comme harmonieux, sont très désagréables aux oreilles des mauvais esprits et ont aussi le pouvoir de les éloigner.

La présence d’un tel mât devant une maison, une boutique, un champ…montre que la protection de Bouddha s’étend sur le bâtiment ou sur les terres environnantes.

Ce mât est enlevé le 7 ième jour de l’année, avec précaution, de manière à ce que les démons et fantômes éventuellement pris au sommet ne puissent pas tomber dans la maison, mais soient obligés de regagner leur infernal séjour.

Cette perche de bambou sert de repère pour le retour imminent des ancêtres et du génie du foyer Ong Tào.

    

La légende des génies Thân trà et Uât lùy ( Thân Dô )

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Thân trà et Uât lùy étaient deux frères « chasseurs de démons » qui résidaient avec leurs troupes sous un pêcher du mond Dô sôc. Ils avaient la capacité magique de voir les démons même en plein jour, de pouvoir attacher les plus dangereux avec des liens en jonc et de les donner aux tigres afin qu’ils les dévorent.

Le ciel leur confia la mission de se poster devant les maisons, principalement au moment du Têt et d’arrêter au passage les démons qui se présenteraient. Ils étaient redoutés de ceux-ci qu’il suffisait de représenter l’image de ces génies avec des traits grimaçants sur des feuilles de papier rouge pour que les indésirables démons à cette vue prissent peur à jamais ! »

  

La période du Têt voit une explosion véritable de ces usages, c’est l’occasion de voir surgir dans les couleurs les plus vives, des milliers d’images populaires, des idéogrammes, le plus souvent sur un fond rouge. Ces images, proverbes, symboles diffusent des conseils, des souhaits et des vœux. Certains attirent le bonheur, la santé, la prospérité, l’harmonie, d’autres écartent les malheurs, les maladies, les infortunes diverses.

Les murs, les battants de portes, les frontispices, diverses colonnes en sont les principaux supports.

                Génies des portes, gauche         génies des portes droite  

Les génies ou les dieux des portes sont représentatifs de ces diverses protections.

    



Les traditions de la fête du Têt / 2

Crépuscule et aube Reproduction artistique

La légende du génie du foyer

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Ong Tâo, bien que souvent représenté comme une figure unique, est en réalité une triade dont la légende est connue de tous les vietnamiens.

  

« Autrefois, vivait un ménage dont le mari était atteint d’une maladie incurable, de la lèpre, dit-on, et dont la femme vertueuse faisait vivre son conjoint par son travail. Celui-ci, pris de compassion pour son épouse, lui conseilla de s’écarter du toit conjugal. Mais la femme, à aucun prix, ne voulut le faire.

  

L’époux fit semblant de lui adresser des reproches, de l’insulter et de la chasser, mais la femme persista à rester auprès de lui.

  

Un jour, un mendiant se présenta au domicile du couple et demanda l’aumône ; la femme charitable lui donna de l’argent et du riz. Le marie en prit pretexte pour chasser la femme en l’accusant de vivre en bonne intelligence avec le mendiant. La femme accusée d’une façon si injuste et si ignominieuse, se rendit à un fleuve voisin pour s’y jeter. Comme elle se trouvait dans l’eau, le mendiant en question passa près de là et s’empressa de sauter dans le fleuve pour l’en retirer. Alors la femme, se rendant compte qu’elle ne pouvait prouver que l’accusation de son mari était injuste résolut donc de suivre celui qui l’avait sauvée.

  

Le premier mari vivant seul, ne put compter su l’assistance des siens. Il fut obligé d’aller mendier, à son tour. En vagabondant à tout hasard, il s’arrêta devant une maison pour demander l’aumône ; il apperçut que c’était sa femme qui, en réponse à sa demande, lui remettait de l’argent et du riz. En appercevant le visage de son épouse, il abandonna tout et s’enfuit à toutes jambes. Après avoir couru durant quelque temps et voyant sur l’un des côtés de la route un gros bûcher en train de se consumer, il y sauta pour se donner la mort. La femme de son côté, reconnut son premier mari, mais elle ne put arriver à temps pour arrêter son geste de désespoir, et se jeta, à son tour, dans le brasier. Enfin, le second mari constatant que sa femme était morte, sauta également dans les flammes pour finir ses jours. 

  

Le souverain du ciel, ému de ces sacrifices, leur conféra alors une unité posthume en les déclarant génies du Foyer. »

  

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La semaine précédant le Têt les trois génies du foyer (symbolisés par les trois feux dans les cuisines) quittent le monde d’ici pour porter leur rapport à l’Empereur de Jade également. C’est ainsi que ce dernier est régulièrement tenu au courant des faits et gestes des hommes et qu’il peut, si besoin est, intervenir. La tradition veut que l’on prépare des offrandes pour son long voyage, au menu, on cuisine du poulet, du porc rôti, un poisson entier, des légumes pour le remercier d’avoir protégé la cuisine, du riz et surtout du miel et des sucreries. Certains disent que c’est pour que ne sortent de sa bouche que des paroles douces, d’autres que c’est pour lui coller la bouche et qu’il ne puisse pas parler du tout.

Ma table de fête pour le départ du Génie du Foyer…. pas dans les grandes traditions, mais pleines de bonnes pensées et d’intentions…

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Nathalie



Les traditions de la fête du Têt / 1

Printemps Reproduction artistique par Ingrid Sehl

 

Le Têt Nguyên Dàn, (nouvel an vietnamien ou fête du Premier Matin de l’année) est la fête la plus célébrée au Viet Nam.

Elle a lieu au commencement de la deuxième nouvelle lune, entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps qui correspond à la période qui s’étale de janvier à la troisième semaine de février du calendrier solaire, et marque le début de la nouvelle année lunaire et l’avènement du printemps. Chaque année porte le nom de l’un des douze animaux de l’astrologie vietnamienne.

  

La fête du Têt évoque une période magique de l’année, quand chacun oublie son malheur ou sa misère.

Un grand nombre de coutumes se rattachent à la croyance au may xua, littéralement : « La chance du Début », »L’heureux commencement ». C’est le moment de rêver et de reprendre espoir. Tout ce qui arrive ce jour là augure de ce qui pourra arriver toute l’année.

Ma grand mère insistait beaucoup sur cette première tradition, et je vivais cela enfant comme un moment merveilleux, plus que celui de Noêl, bien qu’ayant été élévé au milieu des deux croyances religieuses.

 C’était une période où l’on repartait à zéro, un oubli total du passé et une chance pour demain d’être toujours plus bon, meilleur. La famille se réunissait, mes grands tantes nous rendaient visite avec leurs bons vœux,le fameux gâteau traditionnel confectionné à base de riz gluant et leurs enveloppes rouges qui comportaient un petit billet d’etrenne. La valeur, la somme ne comptait pas, seul les traditions qui entouraient ce geste nous enchantaient avec ma petite sœur.

  

J’ai gardé tous ces rituels en grandissant, et les transmets à mes enfants comme un merveilleux héritage familial, une façon d’honorer la Femme Unique qui nous éleva,ma Grand mère, et toute la culture qui coule un peu dans nos veines.

   

Les rites du Têt s’entourent d’autres superstitions et légendes diverses qui commencent le 7 ième jour avant le jour du Têt, avec la cérémonie du départ de Ong Tào, « L’Oncle Tao » est le génie du foyer, le dieu de la Cuisine.

  

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Nathalie



Histoire et origine du sapin de Noël

3186dfb1.gifEntre 2000 et 1200 avant JC, on parlait déjà d’un arbre, l’épicéa, arbre de l’enfantement, le jour du 24 décembre, puisqu’on considérait ce jour comme la rennaissace du soleil.

(suite…)



Légende du Sapin de Noël

Légende du Sapin de Noël dans contes et nouvelles boules%20mess

Voici une des belles légendes qui entourent l’arbre de Noël:

etoile-noel dans contes et nouvelles

Il était une fois en Allemagne, il y a très longtemps, un bûcheron. En rentrant chez lui, par une nuit d’hiver claire mais glaciale, l’homme fût ébahi par le merveilleux spectacle des étoiles qui brillaient à travers les branches d’un sapin recouvert de neige et de glace.

(suite…)



L’aigle et le canard

Leadership - Aigle Reproduction artistique

Jusqu’à ce que vous répandiez vos ailes, vous n’aurez aucune idée à quelle distance vous pouvez voler. 

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Oublie ça !

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Une vieille légende indienne raconte qu’un brave trouva un jour un oeuf d’aigle et le déposa dans le nid d’une « poule de basse-cour ». L’aiglon vit le jour au milieu d’une portée de poussins de basse-cour et grandit comme eux.

Toute sa vie l’aigle fit ce qu’une poule de basse-cour fait normalement. Il chercha dans la terre des insectes et de la nourriture. Il caqueta de la même façon qu’une poule de basse-cour. Et lorsqu’il volait, c’était dans un nuage de plumes et sur quelques mètres à peine.

Après tout, c’est ainsi que les poules de basse-cour sont censées voler.

Les années passèrent. Et l’aigle devint très vieux. Un jour, il vit un oiseau magnifique planer dans un ciel sans nuage. S’élevant avec grâce, il profitait des courants ascendants, faisant à peine bouger ses magnifiques ailes dorées.

« Quel oiseau splendide ! » dit notre aigle à ses voisins. « Qu’est-ce que c’est ? »

« C’est un aigle, le roi des oiseaux, » cacqueta sa voisine. « Mais oublie ça. Tu ne seras jamais un aigle. »

Ainsi l’aigle n’y pensa jamais plus.

Il mourut en pensant qu’il était une poule de basse-cour.

Auteur(e) inconnu(e)

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J’ai souvent rencontré ce conte, sur le chemin de mes lectures. Je ne pourrais dire exactement s’il est triste, si cet aigle fut triste tout le long de sa vie dans cette basse-cour, et puis les poules sont-elles tristes de leur vie ?

Nous possédons tous des possibilités inexplorées, parce que notre façon de penser, d’agir, notre entourage, forment des barrières, des balises, des modèles qu’instinctivement nous suivons. Il est des rêves en chacun de soi, que nous pouvons réaliser, si seulement nous osons abattre les murs fictifs de notre esprit…

J’ai découvert une autre version de ce conte… que je préfère.

La voici…

Aigle à tête blanche Reproduction artistique

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L’aigle et le canard

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Il était une fois un aigle qui vivait dans une basse cour au milieu de poussins, de poules (mouillées), de canetons et de canards. Un jour il se pencha si près du bord de la marre qu’il y tomba et en tombant il découvrit son vrai visage d’aigle renvoyé par l’eau de la marre et il vit qu’il avait des ailes immenses.

Au moment de la plus grande intensité de sa peur alors qu’il croyait se noyer et mourir, il réalisa sa nature d’aigle et s’envola libre. Alors il vit que la basse cour n’avait jamais eu de barrières et que le ciel avait toujours été ouvert au dessus de lui. Il vit aussi que tous les poussins, les poules, les canards et canetons n’étaient autres que des aigles qui avaient momentanément oublié leur nature réelle.

Il lança un grand cri de joie dans les airs et perçu dans un immense éclat de rire la nature illusoire de la basse cour dans laquelle il se croit limité mais qui était si rassurante en même temps. La peur de l’inconnu fut transformée en joie inaltérable, et ce qui était « sa vie », organisée, maîtrisée, rangée, devint la Vie inconnue et ouverte au vent et au champ infini de tous les possibles.

Il n’eut de cesse alors de proclamer la bonne nouvelle à tous ceux qui voulaient l’entendre.

« Nous sommes tous des aigles, nous sommes tous unis dans l’Ame unique du grand Aigle Père Mère ».

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J’ai passé ma vie, dans un rêve préfabriqué, par mon enfance, mon éducation, le monde qui m’entourait. j’ai puisé en chacun d’eux, des brides de vies, construisant au fil des années une image de ma vie, « Ma Vie Rêvée ».

Ancrée dans mes habitudes, dans la sécurité d’un rêve préfabriqué depuis longtemps, je regardais s’éloigner « Mon rêve », jusqu’au jour où je décidai de me pencher plus près de la marre, et que je découvre mon « moi ».

Il faut savoir réveiller la nature de l’aigle et prendre son vol, avec ses épreuves, la peur, la solitude, l’effrondrement de l’illusion et la libération.

Aujourd’hui, je survole les grands espaces de mes possibilités. J’ai laissé derrière moi, mes sécurités, je tremble parfois du bout des ailes, l’envie de retourner me cacher au creux de la basse-cour dans le nid des certitudes, me surprend souvent. Mais après avoir goûtée à l »infini possibilité qui s’offrait à moi, au monde immense qui se dévoilait au cours du voyage, je reprends mon élan, et continue à franchir mes peurs, mes doutes, ma solitude vers la réalisation de moi, et ma « Vie Rêvée ».



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