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Archive pour la catégorie « Au jour le jour »

La récolte du jour…

récolte du jour

De retour de ma promenade d’hier les mains pleines… et pourtant promenade dans le centre historique de Narbonne, de boutiques en boutiques.

C’est un plaisir des yeux sous le soleil sud, chaque vitrine se fait merveille, et presque chaque rue à son thème.

Le long de la rue Jean Jaurès se côtoient les boutiques de décoration d’intérieur, entre fer forgé, tissus aux mille couleurs et thèmes, fleurs géantes à jalouser nos jardins sauvages, odeurs d’encens de mille pays, les sens partent en voyage…

Petit arrêt à la « Maison d’Augusta » 34 rue Jean Jaurès… l’aventure commence sous les couleurs et les odeurs de bâtons d’encens immenses qui vous mènent par le bout du nez sans concession… Senteurs mille et une nuit, océane, Asie, jardin ou potager…

Un détour sur une gamme de produits naturels à l’huile d’argan, d’olive, de rose, sous leurs mousses légères et pastels… petits pots de confiture bougie aux senteurs d’orange cannelle, confiture de lait, amande, fraise des bois, l’esprit déjà s’échappe…

Mais gardons le pied marin, car telle une caverne d’Ali Baba, le regard s’attarde sur le moindre centimètre carré de cet espace magique…

Le modernisme des derniers ustensiles de cuisine hight-tech se fondent avec l’authentique fer forgé et tissu de lin gris beige finement brodé ou dentelé… des oursons dignes de nos souvenirs d’enfance siègent aux tables dressées de verres d’une étincelante simplicité. Tout est à croquer, à dévorer des yeux…

Au premier étage, auquel l’on accède en veillant à ne pas bousculer les divers objets qui vous mènent vers un univers nuit d’orient, s’étend le désert et les oasis d’où quelques bédouins auraient laissé pour notre pur plaisir leurs superbes tajines peintes à la main, et leurs lanternes en fer finement ciselées… à petits pas précautionneux, je fais le tour, croisant parfois mon propre visage au regard émerveillé sur des coffrets miroirs accrochés aux murs…

Le propriétaire de ce lieu, discret, laisse son visiteur plonger dans l’atmosphère doucement, avec un sourire discret et amical.

Comment ne pas ressortir de ce pays merveilleux sans quelques souvenirs, comme ces photos d’un voyage lointain…

Quelques fraises cueillies du jardin qui paraissent si réelles que déjà les papilles en frémissent,  trôneront sur la table de la salle à manger, aiguisant l’appétit et la gourmandise de mes convives, et pour parfaire le tout, quelques bâtons d’encens fraises sauvages, cappucino pour le plaisir de se lever avec la douce odeur du café, quelques effluves d’Asie en offrande à mes bouddhas rieurs ou penseurs..

Il suffit parfois de quelques pas, d’un sourire amical, pour voyager le temps d’une petite demi heure à moindre frais et maximum de plaisir…

C’est aussi un peu la caresse du vent de Narbonne, chaleureuse et accueillante.

Nathalie

récolte du jour 2



retour

Il faut bien commencer par quelque chose, tirer au hasard un p’tit bout de papier dans le grand sac des « il y aurait tant à dire »…

Il suffit de plonger et de commencer, recommencer le contact de la peau sur les touches de clavier, et de se laisser guider, sans vraiment penser…. car il y aurait tant à dire, à écrire depuis mon installation ici…

Commencer par aujourd’hui avant d’attaquer hier, le ferais je d’ailleurs !, tout de suite, là maintenant…

Le soleil enfin a repris ses droits d’un mois de juin… la lumière innonde les murs, les pierres, réchauffe l’intérieur… les rires, les pas résonnent joyeux et légers dans la rue piètonne au bas de la maison… la chaleur s’installe sur les terrasses des cafés…

Que faire, rester là derrière l’écran, profitant de la luminosité, de la douce chaleur qui pénétrent la pièce ? Où sortir ????

Même pas de veste à enfiler, juste mon sac à main et direction la grande place de l’hôtel de ville, juste en bas de la maison, à gauche toute… Place média, une immense librairie, où je vais flaner en recherche de mots à dévorer….

Et je reviendrais, gorgée de soleil sud…

Nathalie



Flot de mots…

Déjà trois semaines que j’ai posé mes valises derrière le majestueux Hotel de Ville de Narbonne…

La tête un peu vide occupée de tout ce qu’il y avait à faire, oppressait les mots…

Et les voici qui se déversent en torrent, sur toutes les heures de jour comme de nuit, me laissant le regard ouvert sur mon esprit qui danse.

Tourbillon fou qui m’entraîne sur tous les chemins de ma vie… les mots virevoltent et tempêtent… je ne sais dans quel tiroir les poser, ici ou ailleurs, ils se donnent la main en ronde ivre…

Il y a l’appartement et ses quelques pièces encore vides d’objets et surtout de présence… qu’il faudrait combler de tissus colorés en attendant les rires et les chamailleries des enfants…

Il y a tous les dossiers du restaurant… qui s’éparpillent sur l’espace libre… tous ces gens autour de moi qui me pressent, et l’acide envahi mon corps à m’enserrer les entrailles. Me voici à la frontière de l’inconnu, plus que quelques jours et tout va basculer dans un monde sans filet, à part ceux que j’ai tenté de créer depuis tous ces mois… et je regarde au loin, et je regarde en bas, il faut plonger… et j’ai peur… qu’il serait si simple de rester dans la coquille du connu, au chaud des habitudes…. oui, mais voilà la coquille est bien trop étroite pour mes rêves, qui n’en sont plus, puisqu’ils frappent à la porte des réalisations, tambourinent et m’appelent de plus en plus fort…. Téléphone par ci, courrier par là, dossier à remplir, avocat, comptable, travaux, matériel…. et le ronron des répondeurs, le silence qui ne rapelle pas…mon planning sur écran n’est plus assez grand, mon esprit déborde et ne sais plus… et pourtant l’instint d’indépendance, de bataille qui m’habite pointe son épée, transperce tant bien que mal la brume de mes peurs et de mes doutes, déchirant mes entrailles sur son passage…

Et l’amour, je ne sais plus, je ne sais pas… qui tente de garder son bout de place dans mes dédales… et l’amour qui s’étale en questions sans réponses, réponses que je ne veux donner, parce qu’il brouille mon regard… et que seul résonne le silence qui m’entoure…

Nathalie



en pause….

sourire à vous tous…. en pause dans un cyber café

Pas de ligne internet avant une quinzaine de jours, et tant à faire entre les cartons qui peu à peu prennent place dans l’appartement, les projets du restaurant qui prennent forme, et l’avalanche de travail qui m’attend là aussi !!!!

Juste quelques mots, à vous tous mes amis qui passaient par là, simplement pour vous écrire que je ne vous oublie pas… dans cet intermède…

que mes pensées d’un soleil de Narbonne vous accompagnent…

Nathalie



L’essentiel

Peu à peu la maison se vide

Le fil du présent arase le passé

N’emportant que l’essentiel

Carton de papiers indispensables

Carton de livres cultes

rimes poètiques ou chemin des valeurs,

Carton de vêtements légers

pour couvrir l’été à venir.

Quelques souvenirs d’un chacun

qui avaient fait de moi

celle que je suis à présent

Des cartons d’essentiel

à entreposer au coeur

de la maison d’un demain

ouvert sur les possilbles

à venir

Nathalie



Carton 2 : légère…

Je quitte chaque pièce de cet appartement comme on referme un livre. Rouvrir des tiroirs oubliés, fouiller les placards du passé, regarder les albums photos dont je porte les couleurs en moi, pour en bout de course n’en rien garder.

Chaque instant vécu ici est inscrit dans mes cellules, dans mon corps, mon âme. Je n’ai besoin de valise pour emporter cela. Les ressentis résonnent encore de la mémoire d’un passé pour me guider vers l’inconnu de demain, entre les deux assise sur l’instant présent, je respire la sérénité du passage à venir.

Il faut si peu de chose pour inventer demain, pour créer d’autres possibles, si ce n’est l’expérience des chemins déjà traversés. Un peu de courage pour quitter le cercle confortable du connu, de la curiosité pour franchir la limite des possibles, et toujours le regard innocent émerveillé sur les découvertes, affranchi de tous ressentiments passés…

Je m’étonne moi même et me découvre au fur et à mesure que les cartons s’entassent… ma vie tient à si peu, et pourtant elle vendange déjà demain… tout ce auquel je pouvais tenir hier, n’a à présent plus d’importance et sans regret je me déleste du poids des souvenirs usés.

Nathalie



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